Ací l’amor t’apèra
Michel Berdot
Lo primtemps es viu,
Lo temps de l’adiu
Lusent ton espiar
E troblant ton vagar. 1
Qu»èi au còr lo gost de tons doç plors
Qui caden en flors
Dessús l’arrós.
Ací, l’amor t’apèra,
Tà la vita sancèra. (bis)
Ara lo gran ausèth
Trauca 2 lo cèu bèth
E hugís un punt
Qui’m dèisha com defunt 3.
Baisheràs lèu sus unh’auta tèrra
La toa magrèra
Qui’t desespèra.
Promessas d’argent
Promessasde vent
Qu’as tròp saunejat
A un alhors daurat.
Tribalh, a casa, avès perdut
Luenh as credut
Seré cadut 4.
Si’t ganha lo mau
De tornar a l’ostau,
Repren ton baston,
Sovier de ton pastor 5.
A cada estiu, pujan los tropèths
Har bèra pèth
E uelh navèth 6.
Ici, l’amour t’appelle
Michel Berdot
Le printemps est vif
C’est le temps des adieux
Ton regard est brillant
Ton émoi 1 est troublant
Je garde au cœur le goût de tes doux pleurs
Qui tombent en fleurs
Sur la rosée.
Ici l’amour t’appelle
Pour la vie entière.
Maintenant le grand oiseau
Troue 2 le beau ciel
Et un point s’enfuit
Qui me laisse comme défunt 3.
Tu descendras bientôt sur une autre terre
Avec ta propre misère
Qui te désespère.
Promesses d’argent
Promesses de vent
Tu as trop rêvé
A un ailleurs doré
Tu avais perdu ton travail chez toi
Et tu as cru
En trouver un plus loin 4.
Si le mal (du pays) te gagne (et que tu aies
envie) De revenir chez toi/à la maison
Reprends le bâton
En souvenir de ton berger 5.
Chaque
été montent les troupeaux
Se refaire une belle peau/un
beau pelage
Et un œil nouveau. 6
Commentaires
Ce chant évoque le départ d’un jeune émigrant qui laisse sa petite amie au pays. L’auteur se place tantôt du point de vue de celui qui part, tantôt du point de vue de celle qui reste.
Le texte n’est pas toujours facile à comprendre...
Je suis parti d’une traduction trouvée sur Internet
1 – vagar : si c’est un verbe = avoir le temps – si c’est un nom = le temps libre, le loisir, le désœuvrement. Je ne vois pas comment le traducteur a pu employer émoi. La jeune fille émue , sans doute, reste peut-être, là sans rien faire ou dire , et cela trouble le garçon... Vèn te saber !/va savoir!
Et peut être que l’auteur voulait parler de l’émoi de la jeune fille , qui est évident, et qu’il a employé un mauvais mot... je le pense très fort.
2 - Traucar = trouer, mais aussi traverseer. Ici, c’est l’avion, le grand oiseau qui traverse le ciel et fuit comme un point.
3– Partir, c’est mourir un peu, dit une autre chanson...
4– On pourrait traduire ausi : Tu avais perdu ton travail, chez toi et tu as cru qu’il serait tombé au loin/que tu le retrouverais au loin.
5 – Je ne sais pas trop comment il faut comprendre ce passage. Ici la traduction est à peu près du mot à mot. On pourrait penser à : Reprends ton bàton, souvenir (de ta vie de) berger. Ou aussi : Reviens faire le berger ? ... Mais "lo pastor”, c’est aussi le chien, le patou...
6 – Je veux bien croire que l’été les moutons retrrouvent une belle toison, en estive, mais ils ne se refont pas la peau, ni l’œil ! C’est ce qu’ils voient, qui change
J’ai fait ce que j’ai pu...